Mômo... un momonument de la chanson !
Maurice Chevalier
Il est né à Ménilmontant en 1888 et, pour diverses raisons, a dû quitter l'école très jeune. Il apprend cent métiers, monte avec son frère un numéro de cirque mais blessé, il doit renoncer à cette carrière, puis, à onze ans, il commence à chanter, imitant les comiques de l'époque. Il pose pour des cartes postales. Il apprend à danser. Il finit par percer peu à peu se muant en chanteur fantaisiste, passant de la veste à carreau à l’habit.
Mistinguett le remarque et ils forment un duo ensemble.
A l'armistice, il remonte sur les planches et commence
une ascension vertigineuse. C'est la grande période de Chevalier, la période au
cours de laquelle il découpe cette silhouette qui sera sienne jusqu'à la toute
fin: smoking, canotier, pas de côté. Il est moderne, fait parisien moyen
mais un parisien moyen qui a réussi.
En 1928, il se rend à Hollywood où, dans une série de films, il se fait connaître dans le monde entier, représentant la France, le charme, le Gay Paris... À son retour, en 1935, il est devenu aussi connu que la Tour Eiffel et tout aussi incontournable. C'est de cette période que datent ses plus grands succès : "Prosper ", "Ma pomme"... y compris "Y a d'la joie" (de Ch. Trenet) qui, selon les versions, lui aurait été imposé ou qu'il aurait choisi pour aider "un plus jeune"... Il reprend également des demi-succès des années vingt qui se répandent dans le monde entier, en version anglaise, comme il se doit : "Louise", "Valentine"... tout en y mêlant des airs américains.
La deuxième guerre, l'occupation, son apparente sympathie pour le gouvernement de Vichy lui valent quelques ennuis en 45 mais en chantant une des grandes chansons de la libération, "Fleur de Paris", tout finit par être oublié et le voilà reparti pour un autre vingt ans où il donnera des tours de chant dans le monde entier, tournera dans d'innombrables films, écrira ses mémoires, se fera poser avec les grands de ce monde et deviendra ainsi un monument national.
Trois, quatre, cinq périodes donc, dont les deux, trois dernières sont les plus connues et qui font malheureusement oublier les deux premières où son talent a été le plus en évidence.
Nous reste de lui plusieurs enregistrements qu'on
limite malheureusement dans les albums qui lui sont couramment dédiés à ses
grands succès, c'est-à-dire "Valentine", "Mimi ", "Louise"
et "Thanks Heaven for Little Girls" particulièrement aux
États-Unis.
Nous reste, forcément, plusieurs prestations filmées, de nombreux films, sauf que le seul qu'on nous repasse régulièrement est le "Gigi " de Vincent Minelli, qui date (déjà !) de 1958. Des photos aussi: des dizaines de centaines de photos : en compagnie de la Reine Élizabeth, de divers présidents américains, bref : de tous les grands de ce monde.
Pour ceux qui ne l'ont pas connu, qui ne connaissent pas le phénomène Chevalier, il devient de plus en plus difficile d'entrevoir, derrière la légende de ses trente dernières années - où il semble être un personnage fabriqué sur mesure - celui qui fut si populaire au cours des années vingt et trente car s'il y a un Chevalier relativement encore connu, ce n'est que ce dernier Chevalier, figé dans le temps.
C'est ce que son public a vu en lui à partir des années cinquante et en parfait "Chevalier ", il s'est plié à cette image, celle qui a fini par donner le "Twist du canotier "...
Sauf que longtemps auparavant, dans une autre époque, un autre publique l'attendait et, s'il y a eu une constante, chez Chevalier, elle a toujours été de s'adapter à un son public: celui des midinettes des années dix, celui des fêtards des années vingt, celui de ceux qui voulaient tout simplement passer une bonne soirée des années trente, jusqu'au public de l'Occupation et aux nostalgiques et curieux des années qui suivirent.
Peu de voix (il disait chanter "du cœur " et non de la gorge), danseur moins que moyen, comédien ordinaire, cabotin même, il a fini tout de même par devenir un personnage mais lequel ?
Il est
décédé en 1972.
Comments
Maintenant il faut se tortiller (pas danser) et hurler (pas chanter) pour avoir du succès, enfin il y a quelques exceptions quand même
Gros bisous et bon mardi
«Vieillir : c'est très mauvais signe quand on oublie de reboutonner sa braguette après avoir pissé, mais c'est pire quand on oublie de la déboutonner avant.»
[ Maurice Chevalier ]
bonne journée @+
Je passe tard pas chez moi aujourd'hui (c'est ça la vie de retraité lol).
Bien ton Article sur ce grand Monsieur .Merco
Bisous @++++
toujours agréables à écouter ses chansons...
bonne soirée